Le pied de page, l’endroit où l’on cherche
On l’appelle footer, pied de page ou bas de page. C’est la bande qui termine chaque page d’un site, souvent sur fond sombre, avec quelques liens et une adresse. Quand on crée ou qu’on refait son site, on y pense en dernier, une fois que l’accueil et les services sont prêts. On y met ce qui reste, parfois sans trop réfléchir. C’est dommage, parce que c’est l’un des endroits les plus consultés d’un site d’entreprise locale.
Observez la façon dont vous utilisez vous-même un site que vous ne connaissez pas. Vous cherchez un numéro de téléphone, une adresse, des horaires ? Votre pouce descend tout en bas, presque par réflexe. Vous voulez savoir qui se cache derrière le site, ou lire les conditions avant de commander ? Même geste. Le pied de page est devenu un rendez-vous que tout le monde connaît.
Il répond aux questions pratiques, et aussi à celles qu’on n’ose pas poser au téléphone. Cette entreprise existe-t-elle vraiment ? Où est-elle installée ? Est-elle sérieuse ? Le bas de page répond aux questions qu’on n’ose pas poser, et c’est souvent là que se joue la confiance, juste avant l’appel.
Un bon pied de page ne cherche pas à être original. Il est complet, exact et lisible. Il contient ce que le visiteur s’attend à y trouver, à l’endroit où il s’attend à le trouver. Et il ne contient pas ce qui l’encombre ou le rend suspect.
Ce qui suit passe en revue chaque élément : ce qui doit y figurer, ce qui peut y figurer, ce qui n’a rien à y faire, puis la version téléphone et une vérification rapide. Le menu du haut de page, qui a d’autres règles, est traité à part.
Les coordonnées et les horaires
Le cœur d’un pied de page d’entreprise locale, ce sont les coordonnées. C’est ce que la majorité des visiteurs viennent y chercher.
Le nom de l’entreprise, d’abord, tel qu’il figure sur l’enseigne et les documents officiels. Puis l’adresse complète si vous recevez des clients, ou la zone d’intervention si vous vous déplacez chez eux. Le numéro de téléphone, en entier, avec l’indicatif si vous travaillez avec une clientèle étrangère. L’adresse mail ou un lien vers le formulaire de contact. Et les horaires, si vous avez des horaires d’ouverture.
Ces informations doivent être strictement identiques à celles de votre fiche d’établissement, de vos annuaires et de vos documents. Au caractère près. Un numéro différent sur le site et sur la fiche, une adresse écrite de deux façons, des horaires qui ne correspondent pas : chaque écart sème le doute chez le visiteur, et brouille les signaux que les moteurs de recherche croisent pour vérifier qu’une entreprise existe bien à cet endroit.
Pensez aux horaires exceptionnels. Si vous fermez en août ou pendant les fêtes, et que le pied de page affiche les horaires habituels, le client se déplace pour rien. Une ligne temporaire, retirée ensuite, suffit.
Si vous travaillez seul et à domicile, la question de l’adresse se pose. Rien ne vous oblige à afficher votre domicile dans le pied de page : une zone d’intervention et un numéro suffisent pour les clients. En revanche, l’adresse de l’entreprise doit figurer dans les mentions légales, qui ont leurs propres règles.
Les liens obligatoires
Certains liens ont leur place naturelle dans le pied de page, parce qu’ils doivent être accessibles depuis toutes les pages sans encombrer le menu principal.
Les mentions légales, d’abord. Tout site professionnel doit permettre d’identifier son éditeur : nom de l’entreprise, adresse, immatriculation, hébergeur. Ces informations doivent être facilement accessibles. Un lien dans le pied de page, présent sur chaque page, est la manière admise de le faire.
La politique de confidentialité ensuite, dès que le site collecte des données personnelles, par un formulaire ou un outil de mesure d’audience. Et le lien qui permet de modifier ses choix de cookies, si votre site affiche un bandeau de consentement. Le visiteur doit pouvoir revenir sur son choix à tout moment, et c’est en bas de page qu’il le cherche.
Les conditions générales de vente, enfin, si vous en avez. Elles ne sont pas exigées sur tous les sites vitrines, mais si elles existent, le pied de page est leur place.
Vérifiez aussi que ces pages disent la vérité. Des mentions légales qui affichent l’ancien hébergeur, une politique de confidentialité qui parle d’un outil retiré depuis longtemps, des conditions de vente qui citent d’anciens délais : le lien existe, mais la page qu’il ouvre est fausse. C’est presque pire que l’absence de lien.
Ces liens n’ont pas besoin d’être mis en valeur. Une ligne discrète, en petits caractères lisibles, en fin de pied de page, suffit. L’essentiel est qu’ils existent, qu’ils fonctionnent, et qu’ils mènent à des pages à jour.
Les liens utiles au visiteur
Au-delà des obligations, le pied de page peut aider le visiteur arrivé au bout d’une page à trouver la suite. C’est un raccourci, pas un second menu.
Quelques liens vers les pages principales y ont leur place : vos services, vos réalisations, la page de contact ou de demande de devis. Un visiteur qui a lu une page entière et qui n’a pas trouvé ce qu’il cherchait doit pouvoir rebondir sans remonter tout en haut.
Les liens vers vos réseaux sociaux aussi, à une condition : que ces comptes soient actifs. Un lien vers une page dont la dernière publication date de plusieurs années donne une image d’entreprise à l’abandon. Mieux vaut ne mettre que le réseau que vous alimentez vraiment, ou aucun.
Le lien vers votre fiche d’établissement, enfin, peut être utile : il permet au client de vous trouver sur la carte, de lire vos avis, d’obtenir un itinéraire. Un simple lien suffit, sans intégrer de carte lourde.
Le piège consiste à recopier tout le menu dans le pied de page, voire à y ajouter des dizaines de liens supplémentaires. Le visiteur ne s’y retrouve plus, et l’on perd l’avantage d’un pied de page lisible. La navigation principale a ses propres règles, présentées dans la composition du menu d’un site vitrine : le pied de page la complète sans la dupliquer.
Ce qui n’a rien à faire en bas de page
Certains éléments se retrouvent en bas de page parce qu’on ne savait pas où les mettre, ou parce qu’on pensait qu’ils aideraient le référencement. Ils font plus de mal que de bien.
Le plus courant est la liste de villes. Une colonne entière de noms de communes, parfois des dizaines, précédées de « plombier à », « électricien à ». L’idée est d’apparaître sur la recherche de chaque ville. Cela ne fonctionne pas : les moteurs de recherche reconnaissent ce bourrage depuis longtemps et n’en tiennent aucun compte, au mieux. Et un visiteur qui tombe sur cette liste trouve le site étrange, voire suspect. Si vous intervenez sur plusieurs communes, une phrase claire sur votre zone d’intervention suffit, et une vraie page détaillée si cette zone compte pour vos clients.
Le nuage de mots-clés appartient à la même famille. Un bloc de termes sans phrase, sans sens, placé là pour les moteurs. Il appartient à une autre époque du web et il signale un site mal entretenu.
Le lien vers le créateur du site pose une autre question. Une mention discrète « site réalisé par » n’a rien de choquant. Un logo du prestataire en grand, un lien appuyé avec un texte publicitaire, transforment votre pied de page en publicité pour quelqu’un d’autre. Vous pouvez demander à le réduire, ou à le retirer.
Les éléments lourds, enfin, ralentissent toutes les pages, puisque le pied de page est chargé partout. Une carte interactive, un fil d’actualité d’un réseau social, un widget d’avis animé : chacun pèse sur l’affichage, et souvent sur le respect de la vie privée des visiteurs. Un lien vaut mieux qu’un module.
Dernier détail, très visible : la mention de droits d’auteur avec une année ancienne. Elle donne l’impression d’un site oublié. Mettez-la à jour, ou retirez-la, elle n’est pas obligatoire.
Trois pieds de page, trois métiers
Le contenu idéal varie selon la façon dont vous travaillez. Trois cas types aident à se situer.
Le commerce qui reçoit ses clients, d’abord : une boulangerie, un salon de coiffure, une boutique. Son pied de page met en avant l’adresse, avec un lien vers l’itinéraire, et les horaires d’ouverture, jour par jour. Le téléphone vient ensuite. Si le commerce prend des rendez-vous, un lien direct vers la prise de rendez-vous trouve naturellement sa place. Les clients viennent chercher deux choses : où c’est, et quand c’est ouvert.
L’artisan qui se déplace, ensuite : un plombier, un électricien, un paysagiste. Son pied de page met en avant le téléphone, cliquable, et la zone d’intervention, en une phrase. L’adresse du siège peut rester discrète, voire n’apparaître que dans les mentions légales. Un lien vers la demande de devis complète l’ensemble. Le client veut savoir si vous venez chez lui, et comment vous joindre vite.
Le prestataire qui travaille surtout à distance, enfin : un graphiste, un formateur, un consultant. Son pied de page met en avant le mail ou le formulaire, parfois un lien vers un réseau professionnel actif. Les horaires comptent moins, la réactivité davantage.
Dans les trois cas, les liens légaux restent les mêmes, en bas, discrets. Ce qui change, c’est l’ordre et la mise en avant des coordonnées. Partez de la question que vos clients vous posent le plus souvent au téléphone : la réponse doit se trouver dans le pied de page, au premier coup d’œil.
Le footer sur téléphone
Sur un téléphone, le pied de page change de nature. Les colonnes côte à côte se retrouvent empilées, et le bas de page peut devenir interminable si l’on n’y prend pas garde.
Sur petit écran, l’essentiel doit venir en premier : le téléphone et l’adresse. Le numéro doit être cliquable, pour lancer l’appel d’un simple toucher. L’adresse peut ouvrir l’application de carte. C’est souvent depuis ce pied de page que partent les appels de clients qui ont découvert le site sur leur téléphone.
Les liens doivent être assez grands et assez espacés pour être touchés sans erreur. Une ligne de petits liens serrés, lisible sur ordinateur, devient impraticable avec un pouce.
N’hésitez pas à alléger la version téléphone. Certains éléments utiles sur ordinateur, comme une liste de pages secondaires, peuvent être masqués ou repliés sur petit écran. Les coordonnées et les liens obligatoires, eux, restent toujours visibles.
Vérifier son footer en quelques minutes
Un pied de page se dégrade sans bruit. Un lien casse, un horaire change, une page disparaît. Une vérification rapide, de temps en temps, évite les mauvaises surprises.
Cliquez sur chaque lien du pied de page, un par un, et vérifiez qu’il mène à la bonne page. Comparez les coordonnées avec celles de votre fiche d’établissement et de vos documents. Ouvrez le site sur un téléphone et touchez le numéro : l’appel doit se lancer. Relisez les horaires et la mention de droits d’auteur.
Demandez aussi à quelqu’un qui ne connaît pas votre site de trouver votre numéro et vos horaires, sans aide. Observez où il cherche et combien de temps il met. Ce petit test vaut toutes les analyses : si la personne hésite, le pied de page n’est pas assez clair.
Faites ce tour à chaque changement important : déménagement, nouveau numéro, nouveaux horaires, refonte du site. Et au moins une fois par an, à une date fixe que vous retiendrez facilement.
Le pied de page fait partie de ces détails qui donnent ou retirent confiance avant même le premier appel. C’est le genre de vérification que Web Motion recommande dans les guides pratiques du site vitrine : peu de choses, mais exactes, et à jour.
Questions fréquentes
Que doit contenir obligatoirement le footer d’un site ?
Aucune règle n’impose un pied de page en tant que tel. Ce qui est obligatoire, c’est l’accès facile aux mentions légales, et à la politique de confidentialité dès que le site collecte des données. Le pied de page est simplement l’endroit où l’on place ces liens pour qu’ils soient présents sur chaque page. Les coordonnées et les horaires n’y sont pas obligatoires, mais ce sont les éléments que les visiteurs y cherchent le plus.
Faut-il mettre son adresse dans le footer quand on travaille chez les clients ?
Ce n’est pas nécessaire. Si vous intervenez à domicile et ne recevez pas de clients, indiquez plutôt votre zone d’intervention et votre numéro. L’adresse de l’entreprise doit en revanche figurer dans les mentions légales. Si vous ne souhaitez pas afficher votre domicile, renseignez-vous sur les possibilités de domiciliation de l’entreprise.
Le lien vers le créateur du site est-il obligatoire ?
Non. C’est une pratique commerciale courante des prestataires, pas une obligation légale. Une mention discrète ne pose pas de problème. Si le lien est trop visible ou vous déplaît, vous pouvez demander à le retirer, en vérifiant ce que prévoit votre contrat.
Le footer aide-t-il le référencement ?
Indirectement. Des coordonnées exactes et identiques à celles de votre fiche aident les moteurs de recherche à confirmer que votre entreprise existe à cet endroit. Des liens clairs vers vos pages principales facilitent la navigation. Mais bourrer le pied de page de noms de villes ou de mots-clés n’apporte rien, et peut nuire à l’image du site.
