Site vitrine

Le menu d’un site vitrine : ce qu’on y met, dans quel ordre

Par Julien Morel12 octobre 202613 min de lecture

Une barre de navigation simple en haut d'une page web

Le menu répond à une question : où est-ce que je cherche ?

Ouvrez votre site et regardez le menu, cette ligne de rubriques en haut de la page, ou ce petit bouton à trois traits sur téléphone. Comptez les rubriques. Lisez leurs intitulés comme si vous découvriez l’entreprise. « Accueil », « Qui sommes-nous », « Notre savoir-faire », « Nos engagements », « Univers », « Services », « Prestations », « Galerie », « Actualités », « Partenaires », « Contact ». Onze rubriques, dont plusieurs disent à peu près la même chose, et aucune ne répond clairement à la question que se pose le visiteur.

Cette question est toujours la même, même si elle prend des formes variées. Le visiteur arrive sur votre site avec une intention précise : savoir si vous faites ce dont il a besoin, si vous intervenez chez lui, combien de temps il faudra, comment vous joindre. Le menu est l’endroit où il cherche le chemin vers cette réponse. S’il ne le trouve pas en un coup d’œil, il ne fouille pas. Il revient en arrière et essaie le site suivant.

Un bon menu ne se juge donc pas à son élégance ni au nombre de pages qu’il donne à voir. Il se juge à la vitesse avec laquelle un inconnu trouve ce qu’il cherche. C’est un outil d’orientation, comme les panneaux d’un magasin. Personne n’apprécie un magasin où les rayons portent des noms poétiques et où il faut demander au vendeur pour trouver les clous.

Les menus de sites de petites entreprises souffrent presque toujours des mêmes défauts. Ils sont trop longs, parce qu’on a voulu tout montrer. Leurs intitulés sont flous, parce qu’on a préféré des formules valorisantes à des mots simples. Leur ordre est arbitraire, hérité d’un modèle ou de l’histoire du site. Et sur téléphone, où la plupart des visiteurs les consultent, ils sont mal pensés.

Prenons l’exemple d’une plombière qui fait aussi du chauffage. Son menu affichait « Notre expertise », « Nos univers », « Nos réalisations » et « Nous contacter ». Un client qui cherchait à savoir si elle installait des chaudières devait deviner que la réponse se cachait dans « Nos univers ». En remplaçant ces rubriques par « Plomberie », « Chauffage », « Zone d’intervention », « Réalisations » et « Contact », elle n’a rien ajouté au site. Elle a simplement rendu visible ce qui y était déjà.

Voici les rubriques qui méritent une place, comment les nommer, dans quel ordre les ranger, ce qui change sur téléphone, et un test simple pour vérifier que votre menu fonctionne vraiment.

Les rubriques qui méritent une place

Le principe est simple : une rubrique du menu doit correspondre à une question fréquente d’un client. Si personne ne cherche jamais cette information, elle n’a pas sa place dans le menu. Elle peut exister sur le site, accessible par un lien en bas de page ou au détour d’un texte, mais elle ne doit pas encombrer le chemin principal.

Pour une petite entreprise locale, quatre types de rubriques couvrent l’essentiel des besoins. Les prestations d’abord : ce que vous faites. Si vous avez deux ou trois activités bien distinctes, chacune peut avoir sa rubrique, avec son propre nom. Si vous n’en avez qu’une, une seule rubrique suffit. C’est le cœur du menu, ce qui intéresse le plus le visiteur.

La zone d’intervention ensuite : où vous travaillez. C’est une question que tout client se pose avant même de s’intéresser à vos tarifs ou à vos réalisations. Un artisan qui intervient dans un rayon autour de sa commune, un chauffeur qui assure des trajets vers certaines gares ou aéroports, une entreprise de nettoyage qui couvre un secteur précis : cette information mérite d’être trouvée immédiatement. Elle est pourtant souvent enfouie dans un paragraphe de la page d’accueil.

Les réalisations : ce que vous avez déjà fait. Pour un métier manuel, quelques chantiers bien présentés convainquent plus qu’un long discours. Cette rubrique rassure le visiteur sur la qualité de votre travail, à condition de montrer de vraies photos et non des images de catalogue.

Le contact enfin : comment vous joindre. Le numéro de téléphone doit de toute façon être visible sur chaque page, mais une rubrique de contact reste attendue. Elle regroupe le formulaire, l’adresse, les horaires et le numéro, pour le client qui veut tout trouver au même endroit.

À ces quatre rubriques s’ajoute parfois une cinquième, selon votre métier : une page sur les questions fréquentes, une page sur votre façon de travailler, une page de tarifs si vous les affichez. Au-delà de cinq ou six rubriques, le menu commence à perdre son rôle d’orientation. Le nombre de pages lui-même est une autre question, développée dans notre article sur le nombre de pages d’un site vitrine.

Nommer les rubriques avec les mots du client

Le choix des mots compte autant que le choix des rubriques. Un intitulé de menu doit être compris instantanément, sans réfléchir. Il doit employer les mots que le client utiliserait lui-même pour décrire ce qu’il cherche, pas ceux qu’utilise un professionnel de la communication pour valoriser l’entreprise.

Les formules valorisantes sont les premières à éviter. « Notre savoir-faire », « Nos univers », « L’excellence au service de vos projets », « Découvrir » : ces intitulés ne disent rien de concret. Le visiteur ne sait pas ce qu’il trouvera en cliquant. Il hésite, et l’hésitation fait fuir. Remplacez-les par le nom de ce que vous faites : « Rénovation de salle de bains », « Taille de haies », « Transferts aéroport ».

Le jargon de métier est le deuxième piège. Vous savez ce qu’est un ravalement, une reprise en sous-œuvre ou une mise aux normes électrique. Votre client, pas toujours. Si le mot technique est celui que les clients emploient, gardez-le. S’il ne l’est pas, préférez une formulation simple, quitte à préciser le terme technique dans la page elle-même.

Les intitulés trop vagues sont le troisième défaut. « Services », « Prestations », « Activités » ne sont pas faux, mais ils obligent le visiteur à cliquer pour découvrir ce qu’ils contiennent. Quand vous n’avez que deux ou trois activités, mieux vaut les nommer directement dans le menu que de les cacher derrière un mot générique.

Enfin, gardez des intitulés courts. Un ou deux mots, trois au maximum. Un intitulé long prend de la place, se coupe mal sur téléphone et se lit moins vite. Si vous avez besoin d’une phrase pour expliquer une rubrique, c’est que la rubrique est mal définie ou mal nommée.

Un bon moyen de trouver les bons mots est de repenser aux appels que vous recevez. Comment vos clients formulent-ils leur demande au téléphone ? « Vous faites les volets roulants ? », « Vous venez jusqu’à telle commune ? », « Vous avez des photos de ce que vous avez fait ? ». Ces questions vous donnent directement les intitulés de votre menu.

L’ordre, de gauche à droite

Sur un ordinateur, le menu se lit de gauche à droite, comme un texte. Les premières rubriques sont les plus vues, la dernière à droite garde une place particulière, parce que l’œil s’y arrête en fin de lecture. Sur téléphone, le menu déroulé se lit de haut en bas, et les premières lignes sont aussi les plus consultées.

Placez donc en premier ce qui intéresse le plus vos visiteurs : vos prestations. C’est la raison pour laquelle ils sont venus. La rubrique « Accueil », souvent placée en tête par habitude, n’est pas indispensable : le logo de l’entreprise, en haut à gauche, sert déjà à revenir à la page d’accueil, et les visiteurs le savent. Si vous la gardez, elle n’a pas besoin d’occuper la première place.

Placez le contact en dernier, à droite sur ordinateur, ou mettez-le en évidence sous la forme d’un bouton distinct. C’est un emplacement que les visiteurs ont l’habitude de regarder quand ils cherchent comment joindre une entreprise. Un bouton de couleur, différent des autres rubriques, attire l’œil et rappelle l’action principale que vous attendez du visiteur.

Entre les deux, rangez les rubriques selon l’ordre logique de la décision du client : d’abord ce que vous faites, puis où vous le faites, puis la preuve que vous le faites bien, et enfin comment vous joindre. C’est l’ordre dans lequel un client se pose naturellement les questions. Un menu qui suit ce fil accompagne le visiteur jusqu’à l’appel.

Méfiez-vous des rubriques qui changent de place d’une page à l’autre, ou d’un menu différent selon les pages. Le visiteur doit retrouver le même menu, au même endroit, avec les mêmes intitulés, sur toutes les pages du site. C’est ce qui lui permet de se repérer sans effort.

Le menu sur téléphone

La plupart de vos visiteurs consultent votre site depuis un téléphone, et c’est là que le menu pose le plus de problèmes. Faute de place, il est généralement replié derrière un petit bouton à trois traits. Le visiteur doit penser à appuyer dessus, puis lire une liste qui s’affiche par-dessus la page. Chaque étape supplémentaire est une occasion de le perdre.

La première conséquence est qu’il ne faut pas compter sur le menu pour faire passer l’information essentielle. Sur téléphone, beaucoup de visiteurs ne l’ouvrent jamais. Ils font défiler la page d’accueil de haut en bas. Celle-ci doit donc présenter elle-même, dans l’ordre, ce que vous faites, où vous intervenez et comment vous joindre, avec des liens vers les pages correspondantes. Le menu complète, il ne remplace pas.

La deuxième conséquence concerne le numéro de téléphone. Sur mobile, l’action la plus utile est d’appeler. Un bouton d’appel visible en permanence, à côté du bouton de menu ou en bas de l’écran, est plus efficace que n’importe quelle rubrique. Le visiteur qui a trouvé ce qu’il cherchait doit pouvoir vous appeler d’un seul geste, sans ouvrir le menu ni chercher la page de contact.

La troisième concerne la taille. Les rubriques du menu déroulé doivent être assez grandes et assez espacées pour être touchées du doigt sans erreur. Un menu aux lignes serrées, où l’on appuie sur « Réalisations » en visant « Contact », agace et fait perdre du temps. Testez votre menu avec votre pouce, sur votre propre téléphone, en conditions réelles, debout, d’une seule main.

Enfin, vérifiez que le menu se referme correctement et ne masque pas le contenu. Certains menus restent ouverts après un clic, ou couvrent la moitié de l’écran sans qu’on sache comment les fermer. Ce sont des défauts de construction à signaler à votre prestataire.

Les sous-menus et ce qu’ils cachent

Les sous-menus sont ces listes qui apparaissent quand on survole ou qu’on touche une rubrique, et qui proposent d’autres pages. Ils permettent de ranger beaucoup de pages dans un menu court. Sur un site vitrine, ils sont rarement nécessaires, et souvent nuisibles.

Leur premier défaut est de cacher l’information. Ce qui est dans un sous-menu n’est vu que par le visiteur qui pense à ouvrir la rubrique parente. Si votre prestation principale se trouve dans un sous-menu de « Services », une partie des visiteurs ne la verra jamais. Leur deuxième défaut est leur comportement sur téléphone, où le survol n’existe pas : selon la façon dont ils sont construits, il faut toucher deux fois, ou toucher une petite flèche, ou le sous-menu ne s’ouvre pas du tout.

Les sous-menus ont leur place dans un cas précis : quand vous avez plusieurs prestations distinctes qui méritent chacune sa page, et que les nommer toutes dans le menu principal le rendrait trop long. Une entreprise de travaux qui fait de la maçonnerie, de la couverture et de la menuiserie peut regrouper ces trois pages sous une rubrique « Nos travaux ». Même dans ce cas, la page de la rubrique parente doit elle-même présenter les trois activités avec un lien vers chacune, pour le visiteur qui clique directement dessus.

Évitez à tout prix les sous-menus à plusieurs niveaux, où un sous-menu ouvre un autre sous-menu. Sur un site de petite entreprise, ils ne servent jamais, et ils sont pratiquement inutilisables sur téléphone. Si votre site en contient, c’est souvent le signe qu’il a trop de pages ou qu’elles sont mal organisées.

Tester le menu avec quelqu’un d’extérieur

Vous connaissez trop bien votre entreprise et votre site pour juger votre menu objectivement. Vous savez où se trouve chaque information, parce que vous l’avez placée vous-même. Le seul test fiable est de le faire essayer par quelqu’un qui ne connaît pas votre site.

Le test est simple. Demandez à un proche, un voisin, un client de confiance, de prendre son propre téléphone et d’ouvrir votre site. Posez-lui une question concrète, comme le ferait un client : « Est-ce que cette entreprise intervient dans telle commune ? », « Est-ce qu’elle fait tel type de travaux ? », « Comment la joindre un samedi ? ». Ne l’aidez pas, ne lui montrez rien. Observez simplement où il clique et combien de temps il met à trouver.

Recommencez avec deux ou trois questions et deux ou trois personnes différentes. Les difficultés qui reviennent sont les vrais défauts de votre menu. Si tout le monde cherche la zone d’intervention dans la mauvaise rubrique, c’est que l’intitulé ne convient pas. Si personne n’ouvre le menu sur téléphone, c’est que la page d’accueil doit porter davantage d’informations.

Ce test ne coûte rien et prend un quart d’heure. Il vaut mieux qu’une longue réflexion sur l’organisation idéale du site. Pour d’autres repères sur la conception de votre site, parcourez la rubrique site vitrine, ou revenez à l’accueil de Web Motion.

Questions fréquentes

Combien de rubriques faut-il dans le menu d’un site vitrine ?

Pour une petite entreprise locale, quatre à six rubriques suffisent généralement : vos prestations, votre zone d’intervention, vos réalisations et le contact, éventuellement complétés par une page de questions fréquentes. Au-delà, le menu devient difficile à lire, surtout sur téléphone, et perd son rôle d’orientation.

Faut-il garder la rubrique « Accueil » dans le menu ?

Ce n’est pas indispensable. Le logo de l’entreprise, en haut de chaque page, permet déjà de revenir à l’accueil, et les visiteurs en ont l’habitude. Si vous la gardez, elle n’a pas besoin d’occuper la première place, qui est mieux utilisée par vos prestations.

Le menu influence-t-il le référencement du site ?

Il y contribue indirectement. Les liens du menu indiquent aux moteurs de recherche quelles pages sont les plus importantes, et des intitulés clairs, qui reprennent les mots de vos prestations, les aident à comprendre ce que vous faites. Mais l’enjeu principal reste le visiteur : un menu clair fait rester et appeler davantage.

Puis-je modifier le menu de mon site moi-même ?

Sur la plupart des sites construits avec un outil de gestion de contenu, oui, si vous avez accès à l’administration. Le menu se modifie généralement dans une section dédiée, sans toucher au code. Changez une chose à la fois, vérifiez le résultat sur téléphone et sur ordinateur, et gardez une note de l’organisation d’origine pour pouvoir revenir en arrière.