Visibilité locale

Faire connaître son site internet quand on est une entreprise locale

Par Julien Morel29 octobre 202612 min de lecture

Une devanture de commerce de quartier vue depuis le trottoir

Un site neuf n’a aucun visiteur, et c’est normal

Le site est en ligne. Les pages sont belles, les textes relus, le formulaire fonctionne. Vous avez prévenu votre famille, quelques amis l’ont regardé. Puis plus rien. Les semaines passent, le téléphone ne sonne pas davantage, et l’outil de statistiques affiche des chiffres minuscules. La question vient alors naturellement : comment faire connaître son site internet, quand on est une entreprise de quartier et qu’on n’a ni le temps ni le budget d’une grande marque ?

Il faut d’abord savoir que cette situation est normale. Un site neuf n’existe pour personne. Les moteurs de recherche mettent du temps à le découvrir, puis à le comprendre, puis à lui faire confiance. Pendant cette période, ils n’envoient presque personne. Ce n’est pas un défaut de votre site, c’est le fonctionnement ordinaire du web.

Les premiers visiteurs ne viendront donc pas de la recherche. Ils viendront de ceux qui vous connaissent déjà : vos clients, vos fournisseurs, vos voisins de commerce, les gens qui ont votre numéro dans leur téléphone. Un site se fait connaître par ceux qui connaissent déjà l’entreprise, avant de l’être par des inconnus.

C’est une bonne nouvelle, parce que ces canaux sont gratuits et que vous les avez déjà sous la main. Chaque devis envoyé, chaque mail, chaque appel, chaque fiche en ligne est une occasion de mentionner l’adresse de votre site. Réunies, ces occasions produisent un flux de visites régulier, qui ne dépend d’aucun algorithme.

Ce qui suit les passe en revue, dans l’ordre où elles rapportent le plus pour une entreprise locale : la fiche d’établissement, les documents et messages que vous envoyez déjà, les annuaires et les partenaires, les réseaux sociaux, puis le contenu du site lui-même, et enfin la mesure de ce qui marche.

La fiche d’établissement, première porte

Pour une entreprise de proximité, la fiche d’établissement est souvent la source principale de visites du site. Elle s’affiche quand quelqu’un cherche votre nom ou votre métier près de chez lui, sur la recherche comme sur la carte. Et elle porte un bouton qui mène à votre site.

Vérifiez d’abord que ce bouton existe et qu’il pointe au bon endroit. Beaucoup de fiches n’ont aucun lien vers le site, ou un lien vers une ancienne adresse, ou vers une page qui n’existe plus. Le lien doit mener à votre page d’accueil, ou à une page pertinente si vous avez plusieurs établissements.

Utilisez ensuite les publications de la fiche. Une réalisation récente, une nouveauté, un service saisonnier : chaque publication peut renvoyer vers une page du site qui en dit plus. C’est un geste de quelques minutes qui donne aux visiteurs de la fiche une raison de cliquer.

Les réponses aux avis jouent aussi leur rôle, plus discrètement. Une fiche vivante, avec des avis récents et des réponses du propriétaire, inspire confiance, et un visiteur en confiance va plus volontiers voir le site avant d’appeler.

Enfin, soignez la cohérence. Le nom, l’adresse et le téléphone de la fiche doivent être exactement ceux du site. Un visiteur qui passe de l’un à l’autre et voit deux numéros différents hésite, et parfois renonce.

Partout où l’entreprise écrit déjà

Vous écrivez tous les jours à des clients, des prospects, des fournisseurs. Chacun de ces messages peut porter l’adresse de votre site, sans effort supplémentaire une fois le réglage fait.

La signature de vos mails est le premier endroit. Votre nom, votre fonction, le téléphone, et l’adresse du site, cliquable. Réglez-la une fois sur votre ordinateur et sur votre téléphone, pour tous les comptes que vous utilisez. Chaque réponse à un client devient une invitation discrète à découvrir le site.

Vos devis et vos factures ensuite. L’adresse du site peut figurer dans l’en-tête ou le pied de page du document, à côté de vos coordonnées. Mieux, le devis peut renvoyer vers une page précise : vos réalisations du même type, une page qui explique le déroulement d’un chantier, vos conditions. Un client qui hésite entre deux devis ira voir, et votre site fera une partie du travail de conviction.

Les messages automatiques comptent aussi. La confirmation d’un rendez-vous, le rappel par message la veille d’une intervention, le message d’absence de votre boîte mail, celui de votre répondeur téléphonique. Une phrase suffit : « vous trouverez nos horaires et nos services sur notre site », suivie de l’adresse.

Pensez aussi aux conversations. Quand un client vous demande au téléphone des photos de vos réalisations ou le détail d’une prestation, renvoyez-le vers la page qui les montre plutôt que de tout réexpliquer. Vous gagnez du temps, et il découvre le reste du site au passage.

Une dernière occasion, souvent oubliée : la fin d’un chantier ou d’une prestation. C’est le moment où le client est le plus satisfait. Un message de remerciement, avec le lien vers la page où vous présentez ce type de travail, lui permet de vous recommander facilement à son entourage, en partageant simplement l’adresse.

Les annuaires et les partenaires

Au-delà de vos propres messages, d’autres sites peuvent parler de vous et renvoyer vers le vôtre. Pour une entreprise locale, les plus utiles ne sont pas forcément les plus connus.

Les annuaires professionnels sérieux sont un point de départ. Celui de votre chambre de métiers ou de commerce, celui de votre organisation professionnelle, ceux des labels ou certifications que vous détenez. Ils sont consultés par des gens qui cherchent précisément un professionnel, et ils donnent à votre site une forme de caution. Vérifiez que votre fiche y existe, qu’elle est à jour, et qu’elle contient l’adresse de votre site.

Les acteurs de votre territoire viennent ensuite. Association de commerçants, office de tourisme si votre activité s’y prête, mairie pour les entreprises de la commune, club d’entreprises local. Beaucoup tiennent une liste de leurs membres ou des entreprises du secteur, avec un lien. Demandez à y figurer.

Vos partenaires, enfin, sont souvent les plus efficaces. Le fournisseur qui recommande des installateurs, l’artisan d’un métier voisin avec qui vous travaillez sur les mêmes chantiers, le commerce complémentaire de la rue. Un lien de leur site vers le vôtre, accompagné d’une phrase de recommandation, amène des visiteurs qualifiés. Proposez la réciproque quand elle a du sens.

Méfiez-vous en revanche des annuaires sans visiteurs, créés uniquement pour vendre des inscriptions ou collecter des liens. Ils n’apportent personne, et certains démarchages insistants cachent des abonnements coûteux. Un bon critère : seriez-vous allé chercher un professionnel sur ce site ? Si la réponse est non, vos clients non plus.

Les réseaux sociaux, sans s’y noyer

Les réseaux sociaux peuvent amener des visiteurs sur votre site, à condition de les utiliser avec mesure. Le piège classique est d’ouvrir des comptes partout, puis de les abandonner au bout de quelques semaines.

Choisissez un ou deux réseaux, là où se trouvent vos clients. Un artisan dont les réalisations se montrent en images n’aura pas le même réseau qu’un prestataire qui travaille avec d’autres entreprises. Regardez où vos clients actuels sont présents, et où vos concurrents obtiennent des réactions.

Publiez ce que vous faites. Une réalisation terminée, avec deux ou trois photos et une phrase d’explication, puis le lien vers la page du site qui en montre davantage. Le réseau sert de vitrine, le site de boutique. Ne publiez pas tout sur le réseau : gardez une raison d’aller voir le site.

Les groupes locaux méritent aussi un regard. Beaucoup de communes ont des groupes d’entraide ou d’annonces où les habitants demandent un artisan de confiance. Répondre utilement, sans démarcher, avec un lien vers la bonne page du site quand c’est pertinent, fait parfois plus qu’une publication sur votre propre compte.

Mieux vaut un compte modeste mais vivant qu’une présence partout et silencieuse. Un compte dont la dernière publication date de plusieurs années donne l’image d’une entreprise fermée. Si vous savez que vous n’aurez pas le temps, n’ouvrez pas le compte.

Donner une raison de venir sur le site

Tous ces canaux amènent des visiteurs. Encore faut-il qu’ils trouvent sur le site quelque chose qui justifie le détour. Un site qui ne contient qu’une page d’accueil générique et un formulaire ne retient personne, et il ne donne aux moteurs de recherche aucune raison de le montrer.

Les pages qui attirent et retiennent sont concrètes. Une page par service, qui explique ce que vous faites, comment, et pour qui. Des réalisations commentées, avec la commune, le problème de départ et la solution. Une page qui répond aux questions que vos clients vous posent sans cesse au téléphone. Ces pages servent vos visiteurs actuels, et ce sont aussi elles que les moteurs de recherche finissent par proposer à des inconnus.

C’est là que la recherche prend le relais, avec le temps. Les gens qui ne vous connaissent pas commencent à vous trouver en tapant votre métier et le nom de leur ville. Ce mécanisme, et les raisons pour lesquelles il tarde parfois à se déclencher, sont expliqués dans la recherche qui contient le nom de votre ville.

Déclarez aussi votre site aux moteurs de recherche. Google propose un outil gratuit, la Search Console, qui permet de signaler l’existence du site, de soumettre son plan, et de voir ensuite sur quelles recherches il apparaît. Votre prestataire peut s’en charger, mais l’accès doit être à votre nom.

Les erreurs qui font perdre du temps

Certaines démarches donnent l’impression d’agir sans rien apporter. Elles coûtent du temps, parfois de l’argent, et retardent ce qui fonctionne vraiment.

La première est d’acheter des visites ou des abonnés. Des offres promettent des milliers de visiteurs ou de mentions pour une somme modique. Ces visites viennent de robots ou de comptes sans intérêt pour votre activité. Elles faussent vos statistiques, n’appellent jamais, et peuvent nuire à l’image du site auprès des moteurs de recherche.

La deuxième est de multiplier les liens douteux. Inscrire le site sur des dizaines d’annuaires inconnus, échanger des liens avec des sites sans rapport, acheter des articles sur des sites qui en publient des centaines. Ces pratiques, loin d’aider, peuvent faire classer votre site parmi les sites à surveiller.

La troisième est d’attendre que le site fasse tout seul. Un site mis en ligne puis oublié ne se fait pas connaître. Sans mise à jour, sans nouvelle réalisation, sans lien depuis vos messages, il reste une adresse que personne ne tape.

La dernière est de tout faire en même temps. Mieux vaut régler la fiche cette semaine, la signature des mails la semaine suivante, puis les annuaires sérieux, que de lancer dix chantiers et n’en finir aucun.

Mesurer ce qui marche

Faire connaître son site ne s’arrête pas à multiplier les canaux. Il faut savoir lesquels amènent des visiteurs, et surtout des clients.

Un outil de mesure d’audience simple, configuré dans le respect de la vie privée des visiteurs, indique d’où ils viennent : de la fiche, d’un annuaire, d’un réseau social, de la recherche. Regardez ces chiffres de temps en temps, sans vous y noyer. Ce qui compte, c’est la tendance et la part de chaque source.

La mesure la plus fiable reste pourtant la plus simple : demander aux nouveaux clients comment ils vous ont connu. Au téléphone, à la signature du devis, au comptoir. Notez la réponse. Au bout de quelques mois, vous saurez précisément quels canaux vous apportent du travail, et lesquels ne servent à rien.

Avec ces réponses, vous pouvez concentrer vos efforts. Abandonner l’annuaire qui n’apporte personne, soigner davantage la fiche si c’est elle qui fait venir les clients, publier plus de réalisations si ce sont elles qui convainquent.

Faire connaître son site est un travail de patience, fait de petits gestes répétés plutôt que d’un grand coup. C’est la façon dont Web Motion aborde la présence en ligne des entreprises de proximité, dans toute la rubrique visibilité locale : d’abord ce qu’on a sous la main, ensuite le reste.

Questions fréquentes

Combien de temps faut-il pour qu’un site soit connu ?

Il n’existe pas de délai fixe. Les visites venues de vos propres canaux, fiche, mails, devis, commencent dès que vous ajoutez le lien. Celles venues de la recherche demandent davantage de patience, souvent plusieurs mois, selon la concurrence de votre métier dans votre secteur et la qualité des pages du site. Les deux se complètent : les premières font vivre le site pendant que les secondes se construisent.

Faut-il payer de la publicité pour faire connaître son site ?

Ce n’est pas indispensable pour une entreprise locale. La publicité en ligne peut accélérer les choses, mais elle coûte tant qu’elle tourne et s’arrête dès qu’on la coupe. Commencez par les canaux gratuits que vous avez déjà, et ne réfléchissez à la publicité qu’une fois le site solide et les pages concrètes en place.

Comment déclarer son site à Google ?

Par la Search Console, l’outil gratuit de Google destiné aux propriétaires de sites. On y prouve que le site vous appartient, puis on soumet son plan, qui liste les pages à explorer. L’outil montre ensuite les recherches sur lesquelles le site apparaît. Veillez à ce que l’accès soit ouvert à votre nom, même si votre prestataire fait la manipulation.

Les annuaires en ligne servent-ils encore ?

Certains, oui. Les annuaires professionnels reconnus, ceux des chambres consulaires, des organisations de métier ou des acteurs locaux, amènent des visiteurs qui cherchent réellement un professionnel. Les annuaires créés pour vendre des inscriptions ou des liens, sans visiteurs réels, n’apportent rien. Jugez chacun sur une question simple : vos clients y chercheraient-ils un professionnel ?