Site vitrine

Joomla ou WordPress pour un site vitrine : lequel choisir

Par Julien Morel21 octobre 202614 min de lecture

Deux écrans d'ordinateur côte à côte affichant chacun une zone d'administration de site

Joomla ou WordPress : choisir le logiciel, c’est choisir qui l’entretiendra

Un prestataire vous propose de refaire votre site et vous annonce qu’il le construira sous WordPress. Un autre vous parle de Joomla. Ou bien vous découvrez, en cherchant à changer une photo, que le site qu’on vous a livré il y a quelques années tourne sur Joomla, alors que tout le monde autour de vous ne jure que par WordPress. Vous tapez « Joomla WordPress » dans un moteur de recherche, et vous tombez sur des comparatifs écrits par des développeurs, pour des développeurs : architecture, langage, modules, performances. Rien qui réponde à votre vraie question.

Votre vraie question est simple : lequel des deux vous facilitera la vie, à vous et à la personne qui s’occupera du site ? Car vous ne regarderez presque jamais le logiciel. Vous ne verrez que le site, côté visiteur, et de temps en temps une zone d’administration pour corriger un horaire ou ajouter une photo. Le logiciel, lui, travaille en coulisses. C’est pourtant lui qui décide d’une chose qui vous concerne directement : le nombre de prestataires capables de reprendre votre site le jour où vous en aurez besoin.

Ce jour arrive presque toujours. Le développeur indépendant qui a monté le site change de métier. L’agence ferme ou ne répond plus. Le neveu qui s’en occupait part faire ses études ailleurs. Vous voulez simplement un deuxième avis, ou un devis moins cher pour une refonte. À ce moment-là, la question n’est plus de savoir quel logiciel est le plus élégant techniquement. Elle est de savoir combien de personnes, près de chez vous ou ailleurs, sauront ouvrir votre site, comprendre comment il est construit et le faire évoluer sans tout casser.

D’où la règle qui guide toute cette page : le bon logiciel est celui qu’un autre prestataire saura reprendre. Pas celui que préfère la personne qui vous vend le site aujourd’hui, ni celui qui a la plus belle démonstration. Celui qui vous laisse libre de changer d’interlocuteur sans repartir de zéro.

Ce qui suit vous donne de quoi trancher : ce que sont ces deux logiciels, ce que chacun fait bien pour une petite entreprise, comment savoir sur quoi tourne votre site actuel, et dans quels cas une migration de l’un vers l’autre vaut la peine d’être engagée.

Deux logiciels pour gérer les pages sans coder

Joomla et WordPress appartiennent à la même famille : ce sont des logiciels de gestion de contenu. Leur rôle est de séparer deux choses que l’on confondait autrefois, le contenu du site et sa présentation. Le contenu, ce sont vos textes, vos photos, vos horaires, la liste de vos prestations. La présentation, c’est la mise en page, les couleurs, la disposition des blocs. Grâce à cette séparation, on peut modifier un texte sans toucher au code, et changer l’apparence du site sans réécrire les textes.

Dans les deux cas, le site s’accompagne d’une zone d’administration, protégée par un identifiant et un mot de passe. C’est là que l’on crée une page, que l’on corrige une phrase, que l’on ajoute une image ou que l’on gère les comptes des personnes autorisées à intervenir. Les deux logiciels sont libres et gratuits : on ne paie pas de licence pour les utiliser. Ce que l’on paie, c’est le temps du prestataire qui les installe, les configure et les entretient, ainsi que l’hébergement du site.

Tous deux reposent aussi sur le même principe d’assemblage. Un socle commun, appelé le cœur, fournit les fonctions de base. On lui ajoute un thème, qui donne au site son apparence ; Joomla parle plutôt de template. On lui ajoute enfin des modules complémentaires, qui apportent des fonctions supplémentaires : formulaire de contact, galerie de photos, prise de rendez-vous, bandeau de consentement. WordPress les appelle des extensions. Joomla distingue plusieurs sortes de modules complémentaires selon leur rôle, mais l’idée reste la même.

Pour un patron, la conséquence est rassurante : les deux logiciels savent faire un site vitrine correct. Une page d’accueil, une présentation de l’activité, quelques pages de prestations, une page de contact, des mentions légales. Aucun des deux ne vous empêchera d’avoir un site propre, rapide et lisible sur téléphone. La différence ne se joue donc pas sur ce que le visiteur voit le premier jour. Elle se joue sur ce qui se passe ensuite, pendant toute la vie du site.

Ce qui avantage WordPress pour une petite entreprise

Le premier avantage de WordPress n’est pas technique. C’est sa diffusion. Il équipe une très grande partie des sites dans le monde, et en particulier des sites de petites entreprises. Résultat : une immense majorité des agences, des indépendants et des développeurs qui font des sites le connaissent, souvent mieux que tout autre outil. Si vous cherchez quelqu’un pour reprendre un site WordPress, vous trouverez. Près de chez vous, à distance, en agence ou en freelance, et dans tous les niveaux de prix.

Cette diffusion a une deuxième conséquence : l’abondance. Pour presque chaque besoin d’une petite entreprise, il existe déjà une extension, et souvent plusieurs. Un formulaire de devis, un module de réservation, une carte d’accès, une galerie de réalisations, un bandeau de cookies. Le prestataire n’a pas à développer ces fonctions de zéro, il les installe et les règle. C’est du temps gagné, donc une facture moins lourde, à condition de ne pas empiler les extensions sans raison.

Le troisième avantage, c’est la documentation. Les guides, les tutoriels, les forums d’entraide et les vidéos sur WordPress sont innombrables, y compris en français. Si vous voulez apprendre à modifier vous-même un texte ou ajouter une photo, vous trouverez une explication pas à pas en quelques minutes. Sur Joomla, l’entraide existe aussi, mais elle est plus réduite et plus souvent rédigée pour des profils techniques.

Enfin, l’administration de WordPress a été pensée dès l’origine pour des personnes qui écrivent, pas pour des informaticiens. L’éditeur de pages fonctionne par blocs : un bloc de texte, un bloc d’image, un bouton. Pour un artisan ou un commerçant qui veut simplement mettre à jour ses horaires d’été, c’est souvent plus intuitif.

Ces avantages ont leur revers, et un prestataire honnête vous le dira. Parce que WordPress est partout, il est aussi la cible préférée des programmes automatiques qui cherchent des sites mal entretenus. Et l’abondance des extensions pousse à en installer trop, dont certaines finissent abandonnées par leur auteur. Un site WordPress n’est pas sûr par nature : il est sûr s’il est entretenu. C’est exactement l’objet de notre page sur l’entretien d’un site WordPress, qui détaille ce qui se met à jour et dans quel ordre.

Ce que Joomla fait bien

Joomla n’est pas un logiciel au rabais, et il serait injuste de le présenter comme tel. Il a ses points forts, qui expliquent pourquoi des prestataires continuent de le proposer et pourquoi des sites tournent dessus depuis longtemps sans difficulté.

Le premier tient à la gestion des droits d’accès. Joomla permet, sans module complémentaire, de définir très finement qui peut faire quoi sur le site : tel rédacteur peut écrire dans telle rubrique mais pas publier, tel responsable peut valider les textes d’une section précise, tel compte ne voit qu’une partie de l’administration. Pour une structure où plusieurs personnes interviennent sur le site avec des responsabilités différentes, c’est un vrai atout.

Le deuxième point fort concerne les langues. Joomla sait gérer un site en plusieurs langues directement, sans extension supplémentaire : chaque page peut avoir sa version traduite, et le visiteur passe de l’une à l’autre. WordPress sait le faire aussi, mais en passant par une extension, ce qui ajoute une pièce à entretenir.

Le troisième tient à l’organisation du contenu. Joomla a été conçu pour des sites riches, découpés en nombreuses rubriques et sous-rubriques, avec des contenus classés de façon structurée. Une association, une collectivité, un établissement avec plusieurs services ou un site d’information y trouvent leur compte.

Reste à regarder ces atouts avec les yeux d’une petite entreprise. Un site vitrine d’artisan, de commerçant ou de chauffeur compte une poignée de pages, souvent dans une seule langue, et une seule personne y intervient, voire personne en dehors du prestataire. Les forces de Joomla y sont rarement utilisées. Elles ne sont pas un défaut, mais elles ne pèsent pas lourd face à la question qui compte : qui saura reprendre le site demain. Sur ce point, le vivier de prestataires qui maîtrisent Joomla est nettement plus restreint, et c’est la limite qu’il faut avoir en tête avant de choisir.

Savoir sur quoi tourne son site aujourd’hui

Beaucoup de patrons ne savent pas avec quel logiciel leur site a été construit. Ce n’est pas une faute : personne ne le leur a dit, et ils n’en ont jamais eu besoin. Le jour où un nouveau prestataire leur pose la question, ou le jour où ils veulent comparer Joomla ou WordPress pour une refonte, il faut pourtant le savoir. Trois vérifications simples suffisent dans la plupart des cas.

La première consiste à regarder l’adresse de la page de connexion à l’administration. Sur un site WordPress, elle se termine généralement par « wp-admin » ou « wp-login ». Sur un site Joomla, elle se termine le plus souvent par « administrator ». Si vous avez déjà reçu un lien de connexion de votre prestataire, retrouvez-le dans vos courriels : l’adresse parle d’elle-même. Vous pouvez aussi essayer de saisir ces adresses à la suite du nom de votre site et voir si une page de connexion apparaît. Rien ne casse en essayant.

La deuxième vérification se fait en bas de page. Certains thèmes affichent une mention du type « propulsé par WordPress » ou « réalisé avec Joomla ». Ce n’est pas systématique, car beaucoup de prestataires la retirent, mais quand elle est là, elle tranche la question.

La troisième, la plus sûre, consiste à poser la question par écrit à votre prestataire. Demandez-lui avec quel logiciel le site est construit, et profitez-en pour lui demander deux autres informations : qui détient les accès à l’administration, et qui détient les accès à l’hébergement. La réponse doit arriver par courriel, pas au téléphone : c’est une trace qui vous servira le jour où vous voudrez changer de prestataire.

Ces accès sont le vrai sujet. Savoir que votre site tourne sur Joomla ou sur WordPress ne sert à rien si vous ne pouvez pas y entrer. Un site dont seul le prestataire possède les identifiants n’est pas tout à fait le vôtre, quel que soit le logiciel. Vérifiez que vous disposez au minimum d’un compte administrateur à votre nom, et conservez-le en lieu sûr.

Migrer de Joomla à WordPress : quand c’est utile

Passer d’un logiciel à l’autre est possible, dans les deux sens, même si la migration de Joomla vers WordPress est de loin la plus courante. Avant de vous lancer, il faut savoir ce que cela représente concrètement.

Les textes et les images se récupèrent. Des outils permettent de transférer les contenus d’un site Joomla vers un site WordPress, avec un résultat plus ou moins propre selon l’organisation de départ. La mise en page, en revanche, ne se transfère pas : le thème de l’ancien site ne fonctionne pas sur le nouveau logiciel. Il faut donc reconstruire l’apparence du site, soit en reproduisant l’existant, soit en profitant de l’occasion pour le moderniser. Les modules complémentaires ne suivent pas non plus : chaque fonction doit être retrouvée sous forme d’extension et réglée de nouveau.

Reste un point que beaucoup de prestataires oublient, et qui coûte cher : les anciennes adresses des pages. Un site Joomla et un site WordPress n’écrivent pas leurs adresses de la même façon. Si rien n’est prévu, toutes les pages connues de Google, et tous les liens qui pointaient vers votre site depuis d’autres sites, mènent à une page introuvable du jour au lendemain. La parade s’appelle la redirection : chaque ancienne adresse est renvoyée vers la nouvelle page qui lui correspond. Exigez que cette liste de redirections figure dans le devis.

Faut-il migrer ? Pas par principe. Un site Joomla entretenu, à jour, qui remplit son rôle et dont le prestataire répond présent n’a aucune raison d’être refait. Une migration se justifie dans des cas précis :

  • le prestataire qui connaissait le site a disparu, et vous ne trouvez personne pour le reprendre ;
  • le site tourne sur une ancienne version qui ne reçoit plus de correctifs de sécurité ;
  • vous prévoyez de toute façon une refonte complète de l’apparence et des contenus ;
  • vous voulez pouvoir modifier vos textes vous-même, et l’administration actuelle vous en empêche.

Dans ces cas-là, la migration vers WordPress ne coûte souvent pas beaucoup plus qu’une simple refonte, et elle vous donne accès au plus grand vivier de prestataires. Hors de ces cas, mieux vaut investir dans l’entretien du site existant.

Quel logiciel pour un site vitrine, selon votre métier

Pour un artisan qui travaille chez ses clients, plombier, électricien ou menuisier, le site sert surtout à rassurer et à être joint : une présentation, des photos de réalisations, une zone d’intervention, un numéro de téléphone. WordPress est le choix le plus raisonnable, parce que n’importe quel prestataire pourra le reprendre et que l’ajout de photos de chantier y est simple.

Pour un commerçant, le site doit afficher des horaires à jour, des nouveautés, parfois un catalogue léger. Là encore, WordPress l’emporte, pour la facilité de modification au quotidien. Si votre boutique accueille une clientèle étrangère et que vous voulez un site en plusieurs langues, Joomla devient défendable, mais une extension de traduction sous WordPress règle aussi la question.

Pour un chauffeur VTC ou un taxi, le site tient en quelques pages et doit surtout se charger vite sur téléphone et proposer un contact direct. Le logiciel compte peu, la qualité de l’entretien compte beaucoup. WordPress, pour la même raison que les autres : la facilité à trouver quelqu’un le jour où il faut intervenir.

Pour aller plus loin sur le contenu, l’hébergement ou le contrat de votre site, retrouvez les repères pour choisir et entretenir un site vitrine rassemblés par Web Motion.

Questions fréquentes

Peut-on passer de Joomla à WordPress sans perdre son référencement ?

Oui, à condition de préparer la migration. Le point décisif est la redirection de chaque ancienne adresse vers la nouvelle page correspondante, pour que Google et les visiteurs retrouvent leur chemin. Il faut aussi conserver les textes qui fonctionnent, les titres des pages et leurs descriptions. Une migration bâclée, sans redirections, fait en revanche chuter la visibilité du site pendant plusieurs semaines, parfois davantage.

Joomla ou WordPress : lequel est le plus sécurisé ?

Aucun des deux n’est sûr ou dangereux par nature. Un site est sécurisé quand son cœur, son thème et ses modules complémentaires sont mis à jour régulièrement, et quand ses accès sont protégés par des mots de passe solides. WordPress est plus visé parce qu’il est plus répandu, et la plupart des failles exploitées se trouvent dans des extensions mal entretenues. Un site Joomla laissé à l’abandon est tout aussi exposé.

Lequel des deux est le moins cher ?

Les deux logiciels sont gratuits. Ce qui se paie, c’est le temps du prestataire : la création, l’entretien, les modifications. Sur ce terrain, WordPress a souvent l’avantage, parce que la concurrence entre prestataires est plus forte et que de nombreuses fonctions existent déjà sous forme d’extensions. Le vrai coût caché apparaît le jour où personne ne sait reprendre votre site : c’est là qu’un logiciel peu répandu se paie cher.

Comment savoir si mon site est encore maintenu ?

Connectez-vous à l’administration et regardez si des alertes de mise à jour s’accumulent. Demandez par écrit à votre prestataire quand le site a été mis à jour pour la dernière fois, et s’il tourne sur une version qui reçoit encore des correctifs de sécurité. Une réponse vague, ou l’absence de réponse, est un signal : il est temps de récupérer vos accès et de faire examiner le site par quelqu’un d’autre.